L’offre du Bureau National du PG à ses partenaires du Front de Gauche

Suite à mon dernier article, voilà les 10 propositions du Parti de Gauche pour finaliser la négociation du Front de Gauche sur les élections législatives avec le PCF et Gauche Unitaire. Ces propositions prévoient, contrairement aux rumeurs de gourmandise de notre parti, la clef de répartitition suivante des candidatures : 70 % PCF, 20 % PG, 10 % GU et nouveaux alliés.

 

L’OFFRE DU BUREAU NATIONAL DU PARTI DE GAUCHE (PG)

A SES PARTENAIRES DU FRONT DE GAUCHE

Le Front de Gauche est aujourd’hui une réalité politique incontournable. Il a progressé à chaque élection et est devenu, à l’issue du scrutin des Cantonales, la deuxième force à gauche. Il a été présent dans toutes les mobilisations sociales et citoyennes et en a lui-même initié. Dans un contexte de crise du système capitaliste, de révolutions et de résistances citoyennes mais aussi de montée en Europe de mouvements d’extrême droite, il est toujours plus indispensable qu’il poursuive sa démarche lors des échéances électorales de 2012 dont nous savons qu’elles peuvent se révéler décisives pour le pays. Les forces qui composent actuellement le Front de Gauche, – la Gauche unitaire, le Parti Communiste Français, le Parti de Gauche – ont donc pour responsabilité historique de concrétiser cet immense espoir. Chacune d’entre elle prendra, sous des formes de consultation différentes, des décisions sur cette question au mois de juin. C’est dans ce cadre et dans un esprit constructif que le Bureau national du Parti de Gauche a souhaité faire une offre à ses partenaires. Ces dix propositions, dont la plupart sont des rappels de textes et de principes déjà actés par les partenaires du Front de Gauche, ont pour seul objectif de lever les dernières difficultés et de permettre l’entrée du Front de Gauche, d’un Front de Gauche élargi, en campagne dans les meilleures conditions possibles.

 

LES 10 PROPOSITIONS DU PG POUR FINALISER UN ACCORD

DU FRONT DE GAUCHE

 

1  – Le texte « stratégie » déjà adopté par les trois composantes du Front de Gauche le 31 mars 2011 et publié.

2 – Le « programme partagé », qui aujourd’hui ne comporte plus de points de désaccord, et est actuellement en cours de finalisation.

3 – Sur ces bases, la proposition immédiate d’élargir le Front de Gauche aux forces qui se disent disponibles, dont récemment  la FASE et Convergence & Alternative. A cette fin,  nous proposons d’entamer  immédiatement avec elles les discussions programmatiques qu’elles mettent en débat. Toujours sur ses bases stratégiques et programmatiques, le Front de Gauche continuera jusqu’au bout à proposer au NPA une alliance pour les présidentielles et législatives.

4 – Le Front de Gauche appelle immédiatement à un élargissement à toutes les personnalités qui souhaitent œuvrer à son succès. Nous rappelons notre accord commun pour la mise en place d’un collectif national où elles seront associées. Plus largement, le Front de Gauche appelle à s’ouvrir à toutes les citoyennes et les citoyens qui le souhaitent à travers des Front de Gauche thématiques et des assemblées citoyennes partout en France.

5 –Le BN du Parti de Gauche rappelle l’approbation, le 22 janvier dernier lors du vote des délégué-e-s au CN, de la proposition de candidature de Jean-Luc Mélenchon pour porter les couleurs du Front de Gauche l’élection à la Présidentielle.

6 – Sur la question des législatives, le Bureau national du Parti de Gauche décide de gestes importants pour permettre le règlement rapide des négociations en cours. Nous proposons donc que, tout en garantissant une représentation respectueuse de toutes les composantes possibles du Front de Gauche, une très large majorité de circonscriptions soit attribuée au PCF. Le PG propose une nouvelle répartition sur le plan national avec 70 % des circonscriptions France Métropolitaine pour les candidatures proposées par le  PCF, 10 % pour celles proposées par Gauche unitaire et les forces qui pourraient rejoindre le Front de Gauche, et environ 20 % pour les candidatures proposées par le Parti de Gauche, chacune des forces étant responsable de la parité dans le choix de ses candidatures. Nous souhaitons également que le choix des suppléances participe également le plus possible à la diversité politique de notre alliance.

En tenant compte des discussions en cours, des demandes de candidatures incontournables déjà faites par ses partenaires, le Bureau National du Parti de Gauche s’est attaché à établir une liste de candidatures en partie modifiée. Elle devrait permettre d’acter très rapidement cet accord dès lors que chacun y met du sien. Elle est basée sur ses implantations réelles et sur l’apport qu’elles représentent pour le Front de Gauche en termes de dynamique locale. Elle sera envoyée à ses partenaires et publiée le lundi 30 mai.

7 – Les partenaires du Front de Gauche doivent avoir pour volonté partagée de permettre à minima la réélection des actuels parlementaires du Front de Gauche, ou de leurs successeurs, à l’assemblée nationale et au Sénat. C’est pourquoi  nous devons avoir pour principe de « réserver » les circonscriptions de nos sortants dès lors qu’ils se revendiqueront clairement de l’étiquette commune du Front de Gauche. En conséquence, le Parti de Gauche demande que soient impérativement validés, les candidat-e-s qu’il désignera dans les trois circonscriptions de ses sortants. Cette logique doit se décliner pour le Sénat où l’existence d’un groupe Front de Gauche sera déterminante à condition qu’il  représente le plus possible notre diversité politique. C’est pourquoi la condition d’un accord aux sénatoriales implique de présenter partout en France, dans les configurations d’alliance qui seront choisies localement, des candidatures Front de Gauche en adoptant le même principe que les législatives soit la reconduction de nos sortant-e-s lorsqu’ils ou elles se présentent ce qui est notre cas en Essonne.

8  – Sur les questions du financement des partis politiques qui dépend du résultat aux législatives, le Parti de Gauche propose à toutes les forces actuelles et à venir du Front de Gauche de mettre en place une association de financement commune technique qui pourrait permettre de déconnecter les questions financières des questions de répartition de circonscription. Nous sommes y compris prêts à mettre en place cette solution avec les seules forces qui le souhaiteraient.

9 – Pour prétendre représenter le Front de Gauche, l’ensemble des candidatures  intégrées dans  l’accord national du Front de Gauche devront obligatoirement se déclarer sous l’étiquette politique commune « Front de Gauche soutenu (ou proposé) par le PCF, PG, GU (plus les autres forces qui pourraient nous rejoindre) » comme cela a été acté dans les négociations en cours.

10 – Nous voulons mener campagne en donnant déjà à voir notre conception de la république et de la démocratie. C’est pourquoi le Bureau national du Parti de Gauche rappelle son attachement à une campagne présidentielle et législative collective et unitaire. A cette fin nous appelons à la mise en place de collectifs de circonscription ouverts à toutes celles et à tous ceux qui souhaiteront mener, dans le même élan, la campagne présidentielle et législative. Sur le même principe que le collectif national de campagne tel que validé dans notre texte stratégie, ces collectifs de circonscription devront être présidés par une personnalité du Front de Gauche qui ne soit pas la ou le candidat(e) à la législative ni de son parti.

 

Adopté à l’unanimité du Bureau National du Parti de Gauche le 28 mai

(La liste des circonscriptions proposées sera disponible sur le site du PG)

 

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L’offre du Bureau National du PG à ses partenaires du Front de Gauche

Suite à mon dernier article, voilà les 10 propositions du Parti de Gauche pour finaliser la négociation du Front de Gauche sur les élections législatives avec le PCF et Gauche Unitaire. Ces propositions prévoient, contrairement aux rumeurs de gourmandise de notre parti, la clef de répartitition suivante des candidatures : 70 % PCF, 20 % PG, 10 % GU et nouveaux alliés.

 

L’OFFRE DU BUREAU NATIONAL DU PARTI DE GAUCHE (PG)

A SES PARTENAIRES DU FRONT DE GAUCHE

Le Front de Gauche est aujourd’hui une réalité politique incontournable. Il a progressé à chaque élection et est devenu, à l’issue du scrutin des Cantonales, la deuxième force à gauche. Il a été présent dans toutes les mobilisations sociales et citoyennes et en a lui-même initié. Dans un contexte de crise du système capitaliste, de révolutions et de résistances citoyennes mais aussi de montée en Europe de mouvements d’extrême droite, il est toujours plus indispensable qu’il poursuive sa démarche lors des échéances électorales de 2012 dont nous savons qu’elles peuvent se révéler décisives pour le pays. Les forces qui composent actuellement le Front de Gauche, – la Gauche unitaire, le Parti Communiste Français, le Parti de Gauche – ont donc pour responsabilité historique de concrétiser cet immense espoir. Chacune d’entre elle prendra, sous des formes de consultation différentes, des décisions sur cette question au mois de juin. C’est dans ce cadre et dans un esprit constructif que le Bureau national du Parti de Gauche a souhaité faire une offre à ses partenaires. Ces dix propositions, dont la plupart sont des rappels de textes et de principes déjà actés par les partenaires du Front de Gauche, ont pour seul objectif de lever les dernières difficultés et de permettre l’entrée du Front de Gauche, d’un Front de Gauche élargi, en campagne dans les meilleures conditions possibles.

 

LES 10 PROPOSITIONS DU PG POUR FINALISER UN ACCORD

DU FRONT DE GAUCHE

 

1  – Le texte « stratégie » déjà adopté par les trois composantes du Front de Gauche le 31 mars 2011 et publié.

2 – Le « programme partagé », qui aujourd’hui ne comporte plus de points de désaccord, et est actuellement en cours de finalisation.

3 – Sur ces bases, la proposition immédiate d’élargir le Front de Gauche aux forces qui se disent disponibles, dont récemment  la FASE et Convergence & Alternative. A cette fin,  nous proposons d’entamer  immédiatement avec elles les discussions programmatiques qu’elles mettent en débat. Toujours sur ses bases stratégiques et programmatiques, le Front de Gauche continuera jusqu’au bout à proposer au NPA une alliance pour les présidentielles et législatives.

4 – Le Front de Gauche appelle immédiatement à un élargissement à toutes les personnalités qui souhaitent œuvrer à son succès. Nous rappelons notre accord commun pour la mise en place d’un collectif national où elles seront associées. Plus largement, le Front de Gauche appelle à s’ouvrir à toutes les citoyennes et les citoyens qui le souhaitent à travers des Front de Gauche thématiques et des assemblées citoyennes partout en France.

5 –Le BN du Parti de Gauche rappelle l’approbation, le 22 janvier dernier lors du vote des délégué-e-s au CN, de la proposition de candidature de Jean-Luc Mélenchon pour porter les couleurs du Front de Gauche l’élection à la Présidentielle.

6 – Sur la question des législatives, le Bureau national du Parti de Gauche décide de gestes importants pour permettre le règlement rapide des négociations en cours. Nous proposons donc que, tout en garantissant une représentation respectueuse de toutes les composantes possibles du Front de Gauche, une très large majorité de circonscriptions soit attribuée au PCF. Le PG propose une nouvelle répartition sur le plan national avec 70 % des circonscriptions France Métropolitaine pour les candidatures proposées par le  PCF, 10 % pour celles proposées par Gauche unitaire et les forces qui pourraient rejoindre le Front de Gauche, et environ 20 % pour les candidatures proposées par le Parti de Gauche, chacune des forces étant responsable de la parité dans le choix de ses candidatures. Nous souhaitons également que le choix des suppléances participe également le plus possible à la diversité politique de notre alliance.

En tenant compte des discussions en cours, des demandes de candidatures incontournables déjà faites par ses partenaires, le Bureau National du Parti de Gauche s’est attaché à établir une liste de candidatures en partie modifiée. Elle devrait permettre d’acter très rapidement cet accord dès lors que chacun y met du sien. Elle est basée sur ses implantations réelles et sur l’apport qu’elles représentent pour le Front de Gauche en termes de dynamique locale. Elle sera envoyée à ses partenaires et publiée le lundi 30 mai.

7 – Les partenaires du Front de Gauche doivent avoir pour volonté partagée de permettre à minima la réélection des actuels parlementaires du Front de Gauche, ou de leurs successeurs, à l’assemblée nationale et au Sénat. C’est pourquoi  nous devons avoir pour principe de « réserver » les circonscriptions de nos sortants dès lors qu’ils se revendiqueront clairement de l’étiquette commune du Front de Gauche. En conséquence, le Parti de Gauche demande que soient impérativement validés, les candidat-e-s qu’il désignera dans les trois circonscriptions de ses sortants. Cette logique doit se décliner pour le Sénat où l’existence d’un groupe Front de Gauche sera déterminante à condition qu’il  représente le plus possible notre diversité politique. C’est pourquoi la condition d’un accord aux sénatoriales implique de présenter partout en France, dans les configurations d’alliance qui seront choisies localement, des candidatures Front de Gauche en adoptant le même principe que les législatives soit la reconduction de nos sortant-e-s lorsqu’ils ou elles se présentent ce qui est notre cas en Essonne.

8  – Sur les questions du financement des partis politiques qui dépend du résultat aux législatives, le Parti de Gauche propose à toutes les forces actuelles et à venir du Front de Gauche de mettre en place une association de financement commune technique qui pourrait permettre de déconnecter les questions financières des questions de répartition de circonscription. Nous sommes y compris prêts à mettre en place cette solution avec les seules forces qui le souhaiteraient.

9 – Pour prétendre représenter le Front de Gauche, l’ensemble des candidatures  intégrées dans  l’accord national du Front de Gauche devront obligatoirement se déclarer sous l’étiquette politique commune « Front de Gauche soutenu (ou proposé) par le PCF, PG, GU (plus les autres forces qui pourraient nous rejoindre) » comme cela a été acté dans les négociations en cours.

10 – Nous voulons mener campagne en donnant déjà à voir notre conception de la république et de la démocratie. C’est pourquoi le Bureau national du Parti de Gauche rappelle son attachement à une campagne présidentielle et législative collective et unitaire. A cette fin nous appelons à la mise en place de collectifs de circonscription ouverts à toutes celles et à tous ceux qui souhaiteront mener, dans le même élan, la campagne présidentielle et législative. Sur le même principe que le collectif national de campagne tel que validé dans notre texte stratégie, ces collectifs de circonscription devront être présidés par une personnalité du Front de Gauche qui ne soit pas la ou le candidat(e) à la législative ni de son parti.

 

Adopté à l’unanimité du Bureau National du Parti de Gauche le 28 mai

(La liste des circonscriptions proposées sera disponible sur le site du PG)

 

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Avons-nous le droit d’échouer pour les législatives?

AVONS-NOUS LE DROIT D’ÉCHOUER POUR LES LÉGISLATIVES ?


« Les discussions sur les législatives avancent lentement » aurait regretté Pierre Laurent ce mercredi 25 mai en souhaitant que les négociations « aboutissent avant » la conférence nationale du PCF (3-5 juin) relate l’AFP. Rédigée à l’issue d’un déjeuner presse organisée par le N°1 du PCF, la dépêche prête ces autres propos à Pierre Laurent : « Sinon, il n’y aura pas de vote positif sur sa candidature (celle de Jean-Luc Mélenchon)  » des militants PCF, a-t-il dit, estimant que le Parti de gauche devait revoir à la baisse ses prétentions pour les législatives. »

Voilà en résumé le message qu’a voulu passer le secrétaire national du PCF la veille de la 4ème rencontre entre les négociateurs du PCF du PG et de Gauche Unitaire. Ce n’est pas la première fois que Pierre invite ainsi la presse à relayer son sentiment sur les négociations en cours. A l’orée de ces discussions, il avait déjà ainsi réservé aux médias la primeur à propos des bases sur lesquelles le PCF abordait les discussions : 80 % de circonscriptions pour le PCF et 20 % pour toutes les autres forces actuelles et à venir du Front de Gauche. A l’époque, cela m’avait du coup obligé à engager ce dialogue par média interposé en annonçant pareillement les nôtres (50 % pour le PCF, 30 % pour le PG, 20 % pour les autres sensibilités soit la base de négociation des Régionales). A chacun ses méthodes de discussion même si je doute de l’efficacité de ce type de pression publique qui ne peut que renforcer les blocages dans nos fédérations respectives… Je suis donc arrivé ce jeudi matin Place du colonel Fabien avec notre co-présidente Martine Billard et Souleymane Ba, avec cette déclaration en tête. Certain qu’elle annonçait des discussions serrées. Je n’ai pas été déçu. Ce soir je suis navré au point de ne pas comprendre où veulent en arriver nos camarades qui dirigent le PCF. Car bien sûr, comme tous les responsables et militants du PG, je souhaite aboutir avant la conférence nationale du PCF. Tout indique en effet que le Front de Gauche a besoin de lancer sa campagne. La situation politique et sociale le réclame plus que jamais. Nous avons l’impérieuse nécessité de prendre enfin le large pour être à la hauteur des enjeux, nous retrouver coude à coude, camarades du PCF, du PG, de GU et de toutes celles et tous ceux qui sont prêts à  engager le combat avec nous. Je pense à la FASE et à Convergence & Alternative que nous venons de rencontrer, mais surtout à ces dizaines de milliers de militants sans cartes qui n’ont pas baissé la garde. D’ailleurs pourquoi échouerions-nous ? Le principal est acquis : notre texte stratégique est publique et ce même jeudi nous avons, dans une réunion parallèle à celles des négociations sur les législatives, si bien déblayé les questions programmatiques qu’il ne reste plus que quelques tournures littéraires à régler.

Le seul risque d’échec résiderait-il, pour reprendre les propos de mon camarade Pierre Laurent, dans les prétentions du Parti de Gauche pour les législatives ?  Après la rencontre de ce jour, je sens comme un paradoxe qui finit par m’inquiéter. Jusqu’à quel stade le Parti de Gauche, mais aussi Gauche Unitaire, doivent-il aller pour que l’accord se fasse sur les législatives ? Quel est le plancher admissible pour contenter notre principal partenaire ? Un rapport 80/20 que nous trouvons déjà disproportionné ? Mais à l’issue de la rencontre de ce jeudi on en est loin puisque l’ensemble des circonscriptions proposées par le PG et validées par le PCF représentent 10,4 % des circonscriptions métropolitaines (sur 82% d’entre elles le PCF avait fait moins de 5% en 2007). En ajoutant celles de GU on atteint 13 % ! On voit qu’il y a de la marge. On a même régressé par rapport à notre dernière rencontre lundi. Pardon de rentrer dans les détails mais en trois jours ce sont ainsi plus de 12 circonscriptions acceptées par le PCF qui ont été retirées aujourd’hui… Cela ne s’appelle même plus « avancer lentement » mais reculer et on voit que ce « détricotage » n’est pas de notre fait. Or le mythe de Pénélope n’a jamais eu pour fonction d’accélérer le calendrier… J’aimerais en sourire mais il s’agit là d’un mauvais indice puisqu’il signifie qu’une circonscription validée nationalement par le PCF peut être reniée le lendemain par ses fédérations. Comment dès lors signer puis faire respecter un accord national ? J’espère de tout cœur que l’avenir me détrompera mais on comprendra mon inquiétude sur le germe de division que ce dysfonctionnement chaotique recèle : les militants du PG sont de bonnes composition mais on imagine sans mal leur réaction quand on doit leur annoncer que l’accord d’un jour a la valeur d’une chimère.

Parce que la stratégie du Front de Gauche est à la base même de la création de leur parti, les militants du Parti de Gauche sont prêts à beaucoup de concessions. Nous avons déjà renoncé à maintes circonscriptions que nous demandions au départ. Nous avons accepté de réserver au PCF 35 des  36 circonscriptions qu’il nous demandait de « geler » (soit toutes les circonscriptions où ses candidats avaient dépassé 15% en 2007 dont ses sortants) quand à l’inverse aucune des 18 circonscriptions où nous jugeons aujourd’hui des candidat-e-s PG incontournables ne sont pour le moment actées par le PCF.

Nous allons continuer évidemment à négocier. Mais nos camarades communistes ne peuvent nous amener à accepter l’impossible. Car notre fibre unitaire a malgré tout une limite : sous peine d’échec collectif, nous avons la conviction que le Front de Gauche doit être le cadre du rassemblement de la gauche réelle et non le paravent unitaire d’un seul parti même s’il est le plus important de notre coalition. Aujourd’hui, si nous acceptions les propositions du PCF voilà la situation à laquelle nous arriverions et nul ne serait dupe. Dès mardi prochain, nous aurons le plaisir de nous retrouver avec Marie-Georges Buffet qui conduit la délégation du PCF. Je garde confiance car comme nous je sais que Marie-Georges souhaite profondément que nous débouchions à un accord sur les législatives avant la conférence nationale du PCF. Elle, comme la grande majorité des communistes mesurent le chemin parcouru ensemble et l’espoir que nous suscitons. Je garde confiance en notre intelligence collective mais cela implique maintenant repartir dans les départements avec la ferme volonté de convaincre nos camarades que l’unité passe par de vraies concessions et que ce n’est pas là une règle seulement valable pour le PG ou GU. Aucun d’entre nous n’a d’autres choix que de réussir.

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Front de Gauche & Alternatifs: Un groupe actif à la Région Ile-de-France

FRONT DE GAUCHE & ALTERNATIFS : UN GROUPE ACTIF A LA RÉGION ILE-DE-FRANCE

Nous ne sommes certes que cinq mais le groupe FDG&A démontre à la région Ile-de-France sa capacité à peser dans les débats. L’assemblé plénière du 7 et 8 avril nous permis de nous faire entendre sur bien des dossiers dont, toujours, sur les suites du compromis passé entre Jean-Paul Huchon et le gouvernement sur le Grand Paris qui s’apparente de plus en plus à une capitulation baclée. On y reviendra…
Nous avons également su faire entendre notre voix sur la vidéo surveillance et même remporté des victoires sur deux amendements: la suppression des subventions aux crèches confessionnelles porté avec le groupe PRG-MUP et la suppression des subventions aux jardins d’éveil. Vous trouverez ci-dessous les trois communiqués de presse que nous avons publié sur ces point.

 

Laïcité, le double jeu de l’UMP, la déshérence du PS


Jean-François Copé voulait avec sa journée du 5 avril faire croire que l’UMP était attachée au principe de la laïcité. Moins de 2 jours après, son double jeu se confirme ! Ce jeudi 7 avril 2011, le groupe majorité présidentielle au Conseil Régional d’Ile-de-France, emmené par sa présidente Valérie Pécresse, a révélé au grand jour sa vision toute particulière de la laïcité.
L’UMP a voté contre l’amendement déposé par le groupe Front de Gauche & Alternatifs (élus du Parti de Gauche et des Alternatifs) et PRG & MUP réservant aux seules structures non confessionnelles d’accueil collectif des jeunes enfants le droit à financement public de la part de la Région. Avec l’UMP la laïcité est toujours à géométrie variable.
Si prompte à exiger de l’usager une neutralité qui revient à remettre en cause le principe de liberté de conscience, l’UMP défend notamment le versement de subventions publiques aux 14 crèches confessionnelles Loubavitch ultra orthodoxes déjà financées par la ville de Paris.
Isolé, le président Huchon a tenté jusqu’au bout d’empêcher l’adoption de notre amendement. Mais au moment de voter avec la droite les élus PS ont préféré s’abstenir. Notre amendement a donc été adopté. Les élus du Parti de Gauche et des Alternatifs se réjouissent que l’intérêt général ait prévalu. C’est la preuve que les laïques peuvent l’emporter pour peu qu’ils relèvent la tête et affichent clairement leurs couleurs.

 

Conseil Régional : suppression des subventions aux jardins d’éveil


La droite a mené une attaque sans précédent contre les structures d’accueil d’âge préscolaire avec le décret Morano qui déqualifie les personnels et autorise une forte diminution du nombre d’adultes par enfant. Cette baisse de la qualité des accueils préscolaires accompagne l’inclusion de la petite enfance dans les activités ouvertes à la concurrence par la directive européenne « Services ».

Cette politique s’exprime notamment par la création expérimentale de 8000 places de jardins d’éveil d’ici 2012 pour les enfants de deux à trois ans, prévoyant un taux d’encadrement d’un adulte pour 8 à 12 enfants au lieu d’un pour 8 enfants du même âge actuellement pratiqué dans les crèches.

Lors de la révision de la politique sociale de la Région Ile-de-France, le groupe Front de Gauche & Alternatifs (élus du Parti de Gauche et des alternatifs) a obtenu une majorité de votes favorable sur son amendement visant à exclure les jardins d’éveil des aides régionales en direction des structures d’accueil collectif des jeunes enfants.

 

Contre la généralisation de la vidéosurveillance

 

Le Groupe Front de gauche & Alernatifs a voté contre la généralisation de la vidéosurveillance dans le réseau de transport francilien.

La vidéosurveillance de l’espace public constitue une atteinte à la vie privée et aux libertés publiques. Elle entrave la liberté de déplacement inscrite dans la déclaration des droits de l’homme. Ainsi le recours à ces caméras est particulièrement démagogique et favorise l’idée que tout citoyen est potentiellement dangereux et doit être surveillé.

Elles sont de plus coûteuses et inefficaces, comme le démontre toutes les études menées.

Le groupe Front de Gauche & Alternatifs rappelle son attachement au développement de la présence humaine dans les gares, seule garantie d’une réelle prévention et d’une réelle sécurité.

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Bilan d’élection ou se parler franchement pour mieux réussir.

BILAN D’ÉLECTION OU SE PARLER FRANCHEMENT POUR MIEUX RÉUSSIR


Faute de temps, ceux qui me font l’honneur de consulter parfois mon blog découvrent peu de notes nouvelles. J’ai cependant tenu à l’alimenter dernièrement de deux informations importantes : une analyse chiffrée du succès du Front de Gauche aux Cantonales et le texte stratégique en vue des Présidentielles et législatives sur lequel le PCF, le Parti de Gauche et Gauche unitaire se sont mis d’accord le 31 mars. Et pour ajouter aux bonnes nouvelles, le Front de Gauche s’est adressé vendredi à la FASE pour, sur la base de ce texte qui se prononce clairement pour un élargissement, lui proposer une rencontre après les Conseils nationaux  respectifs du PG, PCF et GU soit mi avril. D’après mes informations, cela a été accueilli très favorablement ce week-end lors du CN de la FASE. Samedi 2 avril nous avons pareillement adressé ce texte stratégique à toutes les forces et sensibilités de l’autre gauche dont les Alternatifs, le NPA, le PCOF, le MPEP ou encore République et Socialisme.

A une semaine des Conseils nationaux du PCF et du PG, le ciel du Front de Gauche parait donc dégagé de tout nuage. Ce devrait être le cas. Cela ne l’est pas tout à fait. Il reste quelques cailloux dans la chaussure. A première vue ils ne nous empêchent pas d’avancer. Mais si on n’y prend garde, si on ne décide pas de s’en débarrasser rapidement ils pourraient ralentir voire stopper la longue marche que nous avons entrepris. Il n’est pas inutile avant de fermer la fenêtre « cantonale » en décrivant ces « cailloux » en toute franchise, pour avancer.

 

Comment contribuer à affaiblir la portée d’un succès ?

Si les cantonales ont installé le Front de Gauche comme 2ème force à gauche et la seule, avec le FN, à progresser en voix depuis les Régionales (dans un contexte d’abstention !), l’effet d’annonce a été largement en deçà. A force de pédagogie nous avons certes réussi à atténuer cet effet dans les jours qui ont suivi, au moins dans la presse écrite nationale, mais le mal était fait. Certes nous ne nous attendons pas à la mansuétude des médias (pas plus que des instituts de sondage on l’a vu) mais nous avons  hélas nous-mêmes contribué à cette sous estimation. Je parle là de l’effacement de l’étiquette Front de Gauche au profit de celles, différenciées, du PCF et du PG. On connait l’affaire qui a permis aux medias télé et radios au soir du premier tour de ne présenter que les chiffres du Ministère de l’intérieur qui attribuait d’une part 7,87 % au PCF et d’autre part 1,05 % au PG (sans compter la disparition dans les étiquettes « fourre-tout » DVG (divers gauche) ou Extrême Gauche des candidats d’autres forces nationales ou locales avec lesquelles le Front de gauche était parti en alliance dans plus de 40 départements). Première conséquence : nul ne voyait que nous devancions Europe Écologie pour la première fois depuis la fondation du FDG. Deuxième conséquence : les chiffres indiquaient un « rapport de force » PCF/PG (Gauche unitaire disparaissant totalement) sans aucune réalité politique. Troisième conséquence : le Front de Gauche, et donc son résultat politique, disparaissait totalement ou presque des commentaires. Le Parti de Gauche avait pourtant, les jours précédents, adressé des réclamations au Ministère de l’intérieur et maintes mises en garde aux médias sur cette manipulation mais sans succès. Il est vrai que nous pensions alors que notre principal allié faisait les mêmes efforts vis-à-vis du ministère de son côté puisque les représentants du PCF nous avaient assuré vouloir se comptabiliser sous la seule étiquette Front de Gauche. On sait depuis qu’il n’en était rien. Le PCF a d’ailleurs endossé ces chiffres dans des communications officielles comme en témoigne ce texte à la une de son site internet entre les deux tours : « Le premier tour des élections cantonales 2011 ont confirmé un score de 8,82% pour le Front de Gauche dont 7,87% pour le PCF (+1% sur 2004) sur l’ensemble du territoire. Le Front de gauche réalise 11% en tenant compte des seuls cantons où il présentait des candidats »… La veille du 2ème tour, le PCF refusait même finalement qu’un communiqué commun Front de Gauche demande solennellement aux médias d’arrêter de nous comptabiliser séparément. Bien sûr, à l’inverse du premier tour, nous avons tenu cette fois une soirée électorale commune. Mais le résultat a été quasi identique qu’au premier tour avec une fois de plus l’effacement du Front de gauche dans la plupart des commentaires du soir.

 

Le chacun pour soi d’après élection

L’effacement du Front de Gauche, on le doit aussi à notre incapacité à adresser un message politique homogène au lendemain d’élection. Ce n’est pas nouveau. On se souvient de l’image très médiatique de Martine Aubry entourée de Cécile Duflot et Marie-George Buffet dans un bar branché du 11ème entre les  deux tours des Régionales. Cela avait permis  à la N°1 du PS d’anticiper sa « gauche solidaire » sans que nous n’en ayons parlé auparavant au sein de notre propre alliance du Front de Gauche du bien fondé de cette initiative. Cette fois, c’est l’affichage de la « péniche » et ses suites qui ont révélé cette difficulté. On déroule le film pour ceux qui n’auraient pas suivi : le vendredi 18 mars je reçois un appel de François Lamy, bras droit de Martine Aubry, proposant au PG une réunion après le premier tour des cantonales dans le but éventuel d’aplanir les difficultés qui pourraient survenir ici ou là entre les deux tours mais surtout de faire une déclaration de toute la gauche. Il ajoute qu’une rencontre médiatique serait organisée le mercredi suivant avec les dirigeants de la gauche et que le PS souhaitait que nous en soyons. Je lui explique que je ferais part de cette proposition à notre secrétariat national, que nous n’avions jamais été par principe contre toute rencontre avec le PS, que nous avions décidé de la règle générale du désistement pour le candidat de gauche le mieux placé mais que cela n’irait surement pas jusqu’à une déclaration commune si elle laissait entendre autre chose que la volonté de battre la droite et l’extrême droite et qu’enfin nous n’étions pas prêt à l’affichage de façade des « N°1 ». Et qu’en tout état de cause, il faudrait connaître les résultats complets du premier tour avant toute décision. Bref : rien dans l’urgence. Le samedi 20, je m’entretiens de la même question avec Francis Parny mon homologue du PCF lui aussi contacté par Lamy. Francis Parny a une information supplémentaire : le PS voudrait une déclaration commune dès le dimanche soir. Je lui dis que ce n’est pas envisageable alors même que nous ne connaîtrions ni les résultats, ni les attitudes des différentes forces de gauche à l’issue du premier tour, notamment dans le Val de Marne dont le Conseil Général PCF était menacée par une offensive conjointe du PS et d’Europe Ecologie-Les Verts. Francis Parny se dit proche de ce point de vue et nous convenons, dans tous les cas, de nous entretenir avant toute décision dimanche soir. Or ce même dimanche soir, vers 19h30, un journaliste me questionne : « êtes-vous au courant d’une conférence de presse commune à 21h30 de tous les N°1 de la gauche qui se tiendrait sur une péniche ? Y allez-vous ? ». Je me rappelle lui avoir dit alors : « non et au-delà de ce type d’affichage de marketing politique que nous refusons, il est hors de question d’une rencontre de la gauche alors même que nous ne connaissons même pas encore les résultats. Et qui en plus éliminerait sur on ne sait quelle délimitation de périmètre politique des forces comme le NPA. Je pense que c’est valable pour nous mais aussi pour le PCF ». Pris d’un doute j’appelle malgré tout Francis Parny qui me confirme l’information et surtout me dit que Pierre Laurent y sera ! Il ajoute que Pierre Laurent a d’ailleurs essayé de joindre Jean-Luc Mélenchon pour le lui dire… C’est chose  vraie. S’en suivra d’ailleurs, dans la foulée, une discussion entre nos deux dirigeants. Mais elle ne porte pas sur la nécessité d’y aller ou pas pour le Front de Gauche, mais sur la présence de Jean-Luc Mélenchon sachant que Pierre Laurent de son côté a déjà répondu positivement à l’invitation. On connait la suite et l’image de Martine Aubry flanquée de chaque côté de Pierre Laurent et de Cécile Duflot. Pour la première secrétaire du PS qui considère certainement, comme nous, que les cantonales constituaient un premier tour de la Présidentielle et des législatives, l’essentiel est atteint : l’image centrale d’elle, et donc du PS, entourés de deux alliés. On comprend qu’à l’inverse,  le PG n’y ait vu aucun avantage, ni pour lui, ni pour le Front de Gauche, ni d’ailleurs, pensons-nous, pour le seul PCF.  Pour preuve, l’image accordait d’avance le crédit de l’unité aux trois partis en présence, dont celui de Cécile Duflot qui allait pourtant annoncer quelques heures après maintenir ses candidats arrivés en deuxième position contre les candidats de gauche les mieux placés, comme dans le Val de Marne contre les nôtres. A l’inverse, Jean-Luc Mélenchon démontrait au nom du PG qu’on pouvait refuser cette unité médiatique de façade tout en s’engageant fortement sur une consigne claire pour battre partout la droite et l’extrême droite. On pouvait supposer que la suite allait permettre aux alliés du Front de Gauche de davantage se concerter. L’occasion nous en était donnée dès le lendemain. François Lamy du PS me laissait des messages par texto dans la nuit de dimanche à lundi : « nous sommes en réunion avec Europe Ecologie – Les Verts et le PCF ce serait bien que vous soyez là ». Je ne découvrais ce texto que lundi matin de bonne heure. Une conversation téléphonique avec le socialiste s’en suivait : « On se voit ce lundi midi pour discuter du 2ème tour et pour une déclaration ». Moi : « qui c’est on ? ». Lamy : « PS, EE-LLV, PCF, PRG, MRC vous… ». Moi : « si c’est pour une déclaration pour battre la droite pourquoi ne pas inviter toute la gauche, NPA compris ? Pourquoi ce périmètre ? ». Lamy : « les forces qui peuvent s’entendre pour gouverner ensemble ». On imagine sans mal ce que fut alors notre réponse vue l’intention affichée avec franchise par le représentant du PS : il s’agissait bien d’anticiper notre participation à un gouvernement socialiste malgré nos lignes divergentes et notre volonté (du FDG mais aussi d’Europe Ecologie) de nous présenter en autonomie au premier tour des élections nationales, présidentielles comme législatives, de 2012… Là encore aucune concertation n’a eu lieu entre les partenaires du Front de Gauche avant cette réunion. Peut-être aurait-elle permis que nous ayons une attitude commune (donc plus forte) vis-à-vis de cette proposition de réunion (qui s’est tenue à Solferino, un beau symbole) et au moins d’éviter que dans la déclaration commune du PS, EE-LV, PRG, MRC et PCF ne figure cette phrase sur le bilan du premier tour : « Les Français ont également montré leur soutien aux politiques locales menées par la gauche et les écologistes qui jour après jour soutiennent l’emploi dans les territoires avec des politiques innovantes socialement et respectueuses de l’environnement, et défendent les services publics locaux. ». A ce compte là, on se demande bien pourquoi le premier tour des cantonales n’a pas vu dans tous les départements déjà à gauche, des candidatures uniques de la majorité départementale… Fort heureusement cette déclaration est alors passée quasi inaperçue. Je suis d’ailleurs persuadé qu’elle ne traduisait pas les convictions de mes camarades communistes. Qui plus est nous avons su collectivement  réagir en improvisant une réunion puis une conférence de presse réussie des principaux responsables nationaux du Front de Gauche dès l’après-midi du lundi 21 mars. Soit 24 heures après une échéance nationale (et réussie !) aussi importante pour le Front de Gauche. On dira que mieux vaut tard que jamais.

Nous savons bien sûr que nous avons au sein du Front de Gauche des approches sensiblement différentes sur notre rapport aux autres forces de gauche. Au PG, nous considérons que « bousculer le rapport de force à gauche afin d’imposer une alternative majoritaire sur un programme de transformation », implique de contester l’hégémonie sociale démocrate et plus globalement le social-libéralisme, même à la sauce écolo, sur la gauche. Bref à terme à leur passer devant aux élections… Mais cette différence ne nous a pas empêchés d’avancer et même d’évoluer ensemble. Pour preuve sur ces sujets, le vocabulaire de tous nos orateurs s’est singulièrement rapproché lors des meetings communs de cantonales. Mieux, nous venons, on l’a vu, de conclure ensemble un texte stratégique du FDG qui n’est pas de pure forme. Mais tout cela restera lettre morte si nous ne donnons pas la garantie que les différentes composantes du  Front de Gauche peuvent prendre des décisions ensemble vis-à-vis de la situation politique léguée par des élections. Pour les cantonales cette dissonance a été un problème, elle sera impossible pour les élections de 2012 autrement plus importantes et engageantes.

 

Des candidats au nom du Front de Gauche mais des conseillers généraux communistes : le cas des Bouches du Rhône

Car ce principe du « tous ensemble devant les électeurs, chacun pour soi ensuite » a eu des effets concrets catastrophiques. J’en donnerais deux exemples. Le premier dans les Bouches du Rhône, le second dans le Jura.

Au sein du Front de Gauche des Bouches du Rhône, nous pressentions une différence d’approche sur le cas Guérini en vue des élections. Pour aller vite, nos camarades annonçaient à l’avance qu’ils refuseraient à glisser un bulletin « Guérini » si, la gauche majoritaire, le PS présentait celui-ci comme candidat à la présidence du Conseil général. On sait que ce fut le cas. Du coup, le PG 13 écrivait aux conseillers généraux du PCF (les seuls élus Front de Gauche dans les Bouches du Rhône) au lendemain du premier tour pour les féliciter et leur dire ceci : « jeudi se déroulera l’élection du président du conseil général et à cette occasion nous souhaitons vous faire parvenir la position de notre parti. En effet, les élus sont issus du PCF, nous en sommes bien conscients mais la dynamique du Front de Gauche ne peut être niée. (…). En ce qui concerne l’élection proprement dite. Vous n’êtes pas sans savoir que nous nous étions exprimés pendant la campagne en tant que parti pour dire que si un(e) camarade du PG était élu(e) conseiller(e) général(e) nous ne donnerions pas notre voix au président sortant Jean-Noël Guérini. Nous savons aussi que ce sujet fait débat dans tous les rangs. Il nous paraissait important de vous rappeler la position du PG sur cette question et notre volonté que les élus du groupe (qui sont désormais des élus front de gauche nous semble t’il) ne donnent pas une voix au président sortant ». Le courrier fut sans réponse. Malgré des tentatives venues des rangs du PS de trouver une solution différente, toute la gauche vota comme un seul homme (plus 3 UMP !) pour Guérini. Fort de 40 voix d’avance, Guérini n’avait évidemment pas besoin des voix des conseillers généraux communistes pour être élu… Tout cela permit à Europe Ecologie – les Verts (sans élu au CG) de donner une leçon de morale au Front de Gauche en proposant avant le vote que le PCF présente un candidat à la présidence au moins pour sauver l’honneur. La ficelle était peut-être grosse, mais méritait-elle que la fédération du PCF lui objecte que les élus du Front de Gauche entendent « porter l’exigence d’un nouvel élan démocratique et social au conseil général » ? Et d’ajouter (selon l’Humanité du 2 avril qui rapporte cette déclaration) « que cet élan est une affaire de fond, pas de personnes. Et encore moins de division… ». Imaginer un nouvel élan démocratique et social avec Guérini à la présidence (on rappelera au besoin qu’en pleine grève des dockers en 2010, il en appela à la responsabilité de la CGT pour faire cesser le conflit), la sardine est vraiment grosse. Et n’a vraiment pas fait rire beaucoup des partisans et militants du Front de Gauche dont évidemment mes camarades du département. Outre l’erreur de cette caution sans condition à Guérini dans un contexte marqué par la pression du Front national particulièrement forte dans les Bouches du Rhône, il y a également la aussi la façon dont se prennent des décisions au nom du Front de Gauche. Là encore, il eut sans aucun doute été possible d’être davantage pertinent à condition de réfléchir et agir ensemble d’autant que le responsable fédéral Pierre Dhareville possède une fibre unitaire prononcée et que la fédération du PCF et le PG du 13 entretiennent de bons rapports.


Dans le Jura, les élus communistes auraient préféré un socialiste au conseiller général PG.

L’autre cas c’est le Jura. .

En voilà le récit. Un conseiller général socialiste, Patrick Viverge, quitte avec d’autres Conseillers généraux le PS sur une déclaration clairement en rupture avec la logique d’accompagnement du libéralisme de ce parti. Il crée avec ses camarades un groupe « agir à gauche » qui regroupe quatre conseillers généraux (deux sortants dont lui et deux autres non renouvelés).

Ils entrent en discussion avec nous (le FDG) pour proposer une alliance aux cantonales sous la dénomination « Jura Terre de Gauche » qui serait composée du FDG, de ses composantes et de Agir à Gauche. Pour aider à cette alliance, le Parti de Gauche propose de laisser un des deux seuls cantons qu’il revendique, Dole Nord-Est, à Patrick Viverge. Cet élargissement du Front de Gauche concrétise parfaitement la stratégie que nous mettons en avant nationalement avec nos partenaires : bouger les rapports de force à gauche tout en œuvrant à une majorité sur un programme de transformation en s’adressant à tous les électeurs de gauche dont ceux du PS… En effet, il apparait que nous pourrions nous retrouver, en cas d’accord, au soir du 2ème tour avec un groupe Front de Gauche d’au moins 7 conseillers généraux capable d’impulser une dynamique majoritaire autour de lui.

La fédération du PCF  refuse cet accord et place même un candidat face à Patrick Viverge qui s’est déclaré pourtant Parti de Gauche. Ce refus prive certainement l’ensemble de nos candidats d’une dynamique plus grande sur tout le département. Nous prévenons la direction nationale du PCF des possibilités ainsi  ouvertes sans résultat malheureusement.

Au soir du premier tour, malgré cette division, Patrick Viverge finit nettement en tête en reléguant le candidat socialiste, 3ème, à plus de 700 voix derrière lui (le candidat PCF est à un peu plus de 5%). Il faudra pourtant attendre le jeudi suivant pour qu’il reçoive le soutien du PCF pour le 2ème tour sur intervention, à notre demande, de Pierre Laurent.

Dès le soir des élections, il annonce sa candidature à la présidence du Conseil général du Jura. Il choisit de le faire en proposant un vote préliminaire entre les élus de gauche et en refusant évidemment tout vote en plénière qui aurait permis à la droite d’arbitrer son duel avec Perny, le candidat socialiste. Là encore nous faisons  parvenir au PCF des messages sur la situation bien avant dimanche soir. Nous avions en effet reçu des signes de socialistes de gauche du Jura exprimant clairement le soutien qu’ils pourraient apporter une candidature de Patrick Viverge dès lors qu’elle serait crédible c’est-à-dire portée à la fois par Agir terre de Gauche et les 3 élus du PCF-FDG. Rien n’était assuré bien sûr mais tout apparaissait possible tant on nous disait Perny déprécié auprès d’une partie  des siens pour des raisons politiques. Dès lundi, les trois élus communistes auraient rejeté  l’idée d’un groupe commun et apporté leur soutien à Perny pour la présidence du Conseil général. Le choix a donc a priori été vite fait entre un candidat socialiste, identifié comme un social-libéral « bon teint », et un candidat élu sous étiquette PG ! Ce choix poussait  Patrick Viverge à retirer sa candidature.

Ne le cachons pas, m’est vite venue la comparaison entre l’attitude des élus communistes  du Jura et  celle qui a été la notre  dans les  deux départements où le PCF était menacé et celui qu’il espérait   reconquérir. Nous n’avons cessé de faire du Val de Marne et de l’Allier une cause prioritaire pour le Front de Gauche tout entier alors même que nous ne menions aucun canton « éligible » dans le 94 et que nous n’avions aucun candidat dans l’Allier. Nous avons accepté l’étiquette Front de Gauche et soutenu la quasi-totalité des candidats PCF en Seine St Denis malgré qu’on nous ait refusé tous les cantons auxquels nous aspirions, Jean-Luc Mélenchon se rendant même sur place à trois reprises avant le premier tour et renouvelant ses visites de soutien après celui-ci à Montreuil et St Denis. A l’inverse, nous n’avons pu que constater le peu d’empressement des  élus communistes à  jouer la carte du Front de Gauche dans le Jura dès lors que le PG la portait.

 

En tirer des enseignements

Pourquoi revenir dans cette note sur les dysfonctionnements de ces cantonales ? Justement parce que notre réussite rend davantage crédible notre volonté de changer la donne à gauche dans un an, pour les présidentielles et les législatives. Mais pour cela, le Front de Gauche doit conserver sa force propulsive : elle s’appuie principalement sur le processus unitaire auquel il donne force. Nous avons pour volonté de proposer une alternative aux logiques d’accompagnement qui ont sévi majoritairement à gauche depuis des années et qui ont permis à la droite de gagner trois élections présidentielles de suite. Construire cette alternative passe par un Front de Gauche le plus haut possible. Nous avons déjà un handicap : nous pâtissons de la division de l’autre gauche permise par la stratégie solitaire du NPA. Elle ne nous permet pas encore de donner crédit à notre ambition d’être une force de 2ème tour pour les présidentielles à venir. Les résultats de Limousin Terre de Gauche à ces cantonales (16 % en Creuse, mieux encore en Haute-Vienne avec des candidats devançant le PS au second tour dans des duels gauche/gauche) confirment qu’une telle stratégie ancrée dans la durée peut avoir cette ambition. Nous espérons toujours réussir l’alliance la plus large possible de cette autre gauche. Celle dont la dynamique nous permettra de susciter une vraie implication populaire bien au-delà des cadres de nos partis respectifs. Nous savons que nous ne portons pas la même méthode pour concrétiser notre ambition. Le Parti de Gauche comme Gauche unitaire ou (pour le moment encore) à l’extérieur du Front de Gauche, la FASE, portent la volonté de construire une seule et même force de l’autre gauche. Le PCF a prévenu ne pas vouloir se dissoudre dans un même parti ce que nous respectons. D’où la stratégie du Front. Elle s’avère efficace. Seulement cette stratégie implique au moins une condition : le Front de Gauche ne peut en aucun cas apparaître comme une alliance autour d’un seul parti. Quelque soient les réussites du Front de Gauche, nous ne devons jamais oublier le constat qui a produit le Front de Gauche. Celle d’une double incapacité : celle des responsables et militants politiques venus du PS, des Verts, de la LCR ou encore du MRC et qui ont créé le Parti de Gauche (voire GU) à transformer en profondeur la situation à gauche depuis l’intérieur de leurs partis d’origine, et celle du PCF à incarner désormais à lui seul cette possibilité notamment après son résultat traumatique du premier tour des Présidentielles de 2007. Rien n’est venu effacer cette double incapacité car elle repose sur un substrat inscrit dans la longue durée : la nécessité de refonder la Gauche après ses échecs du 20ème siècle et l’offensive idéologique du libéralisme jusqu’en son sein depuis les années 90. Disons le clairement : tout processus qui reviendrait à réaffirmer, même involontairement, la prééminence d’un seul parti conduirait le Front de Gauche à être ramené à terme  à l’influence de ce seul parti.  Le Front de Gauche n’y survivrait pas : c’est unis et ensemble que nous sommes forts et pouvons l’être plus encore. Autre effet à court terme : la survalorisation du poids du PCF dans le résultat du Front de Gauche ne peut que renforcer les réflexes identitaires ou sectaires qui sommeillent toujours dans toute organisation politique. « A quoi bon s’embarrasser du Front de Gauche, peut se dire le militant communiste qui lit dans la presse de son parti que sur un score de 8,82% pour le Front de Gauche, le PC y contribue à hauteur de 7,87% ! A quoi sert de faire campagne, de se mobiliser, de demander à nos orateurs nationaux de se déplacer pour le soutenir, si une fois élu le militant PCF qui portait la candidature Front de Gauche est comptabilisé seulement comme élu du PCF, voire prend ses décisions sans même nous consulter, peut se demander un militant du PG ? Je suis certain que ce ne sont pas les réflexes que veut susciter la direction du PCF, je peux évidemment vous assurer que ce n’est pas non plus le cas pour la direction nationale du PG. Mais renouveler ce qui s’est passé aux cantonales nous y conduirait inévitablement même si nous reconnaissons, notamment en vue des candidatures aux législative, le poids quantitatif supérieur du PCF.

Voilà pourquoi il est nécessaire de dire les choses en toute franchise. Voilà pourquoi cela a été au centre de la discussion sans langue de bois mais toujours fraternelle que nous avons eu entre responsables du Front de Gauche, avec nos dirigeants nationaux, mercredi 30 mars au siège du PCF. Au trait peut être noirci de cette note répond ce qui se passe la plus part du temps à la base de nos partis : après trois élections menées ensemble et des mobilisations sociales soutenues au coude à coude, on ne voit souvent plus de différence sur le terrain entre des militants PG, PCF ou GU… C’est vrai aussi dans le Limousin par exemple avec ceux du NPA. Nous avons donc tout pour réussir, et nos militants nous en pressent, mais cela passe plus que jamais par la volonté d’assumer notre diversité et notre unité politique. Cette diversité passe par une répartition équitable entre nos différents partis mais aussi le choix de ceux et celles qui porteront nos couleurs l’an prochain dans les deux élections. Ainsi que par d’autres éléments concrets. En premier lieu nous devrons porter et assumer officiellement une étiquette politique commune et unique tant aux Présidentielles qu’aux législatives..  En second lieu nous devons  nous concerter au sein du Front de Gauche avant et après les élections, ce qui suppose un cadre national clair (nous ne l’avions pas pour les cantonales, c’était une autre erreur). Nous pourrons désormais nous appuyer pour cela sur un texte stratégique, c’est une autre bonne nouvelle. Enfin, nous aurons bientôt, et c’est le plus important, notre programme partagé. Tout ceci doit impérativement s’articuler avec l’élargissement du Front de gauche à d’autres organisations politiques et aux citoyen-ne-s.

Pour conclure Je le disais au début nous entrons dan une période importante pour le Front de Gauche avec les trois conseils nationaux de GU, du PCF. Il n est pas inutile de rappeler que Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez, il y a plus de deux ans maintenant, Martine Billard l’année dernière, d’autres parmi lesquels je me range n’ont pas quitté leur parti d’origine et lancé l’appel à la création d’une nouvelle force, et le Parti de Gauche ne s’est pas créé avec pour ambition que l’un des siens soit candidat à la Présidentielle. Il s’agit là d’un outil, d’un moyen parce que nous estimons qu’au nom de la diversité politique, cette candidature commune est la plus à même de donner au Front de Gauche l’impulsion nécessaire à ses objectifs. On comprendra que si nous la considérons utile pour notre cause commune, elle ne pourra nous conduire à accepter des concessions telles qu’elles reviendraient à affaiblir le Front de Gauche. Ce serait une erreur profonde pour nous tous.

Je crois pouvoir dire que nous agissons en toute loyauté dans l’aventure politique que nous avons entreprise depuis 2008. Elle n’a pas été et elle ne sera pas, si elle n’est pas collective. Voilà pourquoi aussi, comme nous l’a clairement demandé la direction du PCF, Jean-Luc Mélenchon a décidé avec nous de la date et de la forme de sa candidature à la candidature du Front de Gauche en tenant compte du calendrier et en respectant les modalités internes du PCF. Cela nous renvoie à l’échéance de juin, mais d’abord au Conseil National des 8 et 9 avril puisque la direction du PCF a annoncé vouloir y faire ses propositions pour les élections présidentielles et législatives, y compris en terme de candidature. Ce sera donc une réunion importante pour le Front de Gauche tout comme d’ailleurs celle de notre propre CN également programmé les 9 et 10 avril. Il faut que ces réunions s’adossent et construisent l’avenir en s’appuyant sur la démonstration positive des élections européennes, régionales et cantonales, tout en remédiant aux faiblesses et dysfonctionnements  qu’elles ont également révélés. C’est largement à la portée du Front de gauche. Ça doit être notre ambition commune.

 

PS : J’apprends ce soir que le CN de Gauche Unitaire à voté à l’unanimité une résolution contenant l’approbation de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Je ne cacherai pas ma satisfaction devant ce choix fait par nos camarade GU après celui du PG.

 

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Le succès éclatant du Front de Gauche

Pour son troisième rendez-vous avec le suffrage universel, le Front de Gauche voit sa stratégie couronnée de succès.

Au premier tour, il a obtenu 10,5 % des voix sur les 1600 cantons de la France métropolitaine où il se présentait. Cette progression par rapport aux régionales se fait en pourcentage mais aussi en voix puisque le Front de Gauche gagne 250 000 électeurs. C’est la seule force à gauche qui gagne des suffrages.

A l’issue du second tour, il totalise 118 conseillers généraux élus. 17 l’ont été dès le premier tour, 101 au 2ème tour sur 131 candidats encore en lice. Cet excellent prorata élus/candidats se double du meilleur score ramené de la gauche. En effet ramené à ces 131 cantons, le FDG dépasse en effet les 60 % de suffrages exprimés contre 56,75 % pour le PS et 46,57 % pour Europe Ecologie – les Verts.

Ces résultats démontrent non seulement la forte progression du Front de Gauche mais également sa capacité à rassembler une majorité d’électeurs sur ses candidats au deuxième tour.

A 13 mois des élections présidentielles, le Front de Gauche est incontestablement la deuxième force à gauche. C’est l’un des principaux enseignements de ces élections cantonales.

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Adresse du Secrétariat National du Parti de Gauche au NPA

Adresse du Secrétariat National du Parti de Gauche au NPA

avant son 2ème congrès


Chères et Chers camarades,


Notre congrès de novembre suivait le grand mouvement social sur les retraites ; le vôtre survient au moment des révolutions tunisienne et égyptienne. En moins de trois mois, deux événements majeurs se sont déroulés des deux côtés de la Méditerranée. Tous deux ont pour origine, ou tout au moins élément déclencheur, la crise du système capitaliste. Sous des formes évidemment différentes, c’est bien le partage des richesses et la volonté des peuples de reprendre leur destin en main qui est au cœur de ces deux mobilisations populaires. Elles confirment aussi que nous sommes entrés dans une période de bouleversements à la hauteur de l’’intensité de la crise et des attaques des oligarchies vis-à-vis du monde du travail.

Dans cette période, tout devient possible. Quand nous nous référions aux révolutions citoyennes en Amérique Latine, on nous disait « c’est loin, c’est un autre monde ». Aujourd’hui ces révolutions se rapprochent. Elles ont lieu de l’autre côté de la Méditerranée mais le slogan en français « Qu’il dégage ! » brandi par les manifestants tunisiens puis égyptiens démontre, mieux que de longs discours, que leur nature n’est pas différente. Ici  comme là-bas, sous des formes évidemment propres à chacun de nos pays, se propage dans le peuple une volonté de rompre avec un système de plus en plus injuste et de renverser les oligarchies.

L’ampleur et la radicalité du mouvement social contre les retraites confirme également qu’une majorité grandissante de nos concitoyennes et nos concitoyens ne croient pas aux fadaises libérales. Nous l’affirmons depuis la création de notre parti, et la crise capitaliste le rend plus crédible encore : il y a place pour l’affirmation forte d’une gauche de rupture en capacité d’allier radicalité concrète et volonté de gouverner ce pays sur son programme de transformation sociale et écologique. Nous n’attendons pas du Parti Socialiste, toujours plus engagé dans une logique d’accompagnement du système, qu’il conduise à un tel débouché politique. Il compte sur une simple mécanique d’alternance basé sur le rejet de Sarkozy pour gagner les prochaines élections en maniant le bâton du « vote utile ». Les trois échecs successifs aux élections présidentielles des candidats socialistes rappellent combien cette stratégie se révèle à la fois porteuse de reniement mais est surtout incapable de battre la droite.

C’est aux forces de l’autre gauche qu’il revient de remplir ce rôle.  Elles le peuvent à condition de démontrer leur crédibilité et en définitive leur utilité. Cela commence par leur unité. Elles le doivent car, ne nous y trompons pas, si la situation favorise les ruptures, son débouché politique n’est pas forcément à gauche. Alors que les études d’opinion s’accordent sur la montée d’une critique voire du rejet du capitalisme dans la population, elles  montrent également qu’en son sein une part grandissante ne se reconnait plus dans le clivage gauche/droite. La faute à une « gauche » qui a désorienté les classes populaires depuis trop longtemps. Le Front National a compris le bénéfice à en tirer : il endosse désormais plus franchement un discours social, reprenant même une part de notre vocabulaire. Nous savons vous et nous le danger que cela représente : pour la démocratie mais aussi parce que le FN entend détourner la révolte sociale pour protéger en réalité l’ordre capitaliste. Ne nous y trompons pas : c’est de notre côté qu’est le meilleur rempart à la montée possible de l’extrême droite. La situation d’autres pays européens, dont l’Italie, démontre que l’absence d’une gauche d’alternative ouvre un  boulevard aux forces les plus rétrogrades.

C’est dire le rôle qui nous incombe. C’était déjà vrai lors des élections européennes et régionales où nous avons regretté de ne pouvoir conclure un accord national entre les forces du Front de Gauche et votre mouvement. Les excellents résultats de la liste « Limousin Terre de Gauche » ont rendu évident ce que, unis, nous aurions pu espérer sur le plan national. C’est donc encore plus vrai aujourd’hui : alors que le capitalisme s’enfonce de plus en plus dans la crise, nous avons une responsabilité historique. Il nous revient d’être à la hauteur des circonstances, à la hauteur des attentes du peuple.

C’est pourquoi nous nous adressons de nouveau solennellement à vous à l’entrée de votre congrès. Il n’y a aucune divergence de taille à nous empêcher de proposer, ensemble, une véritable alternative de gauche lors des rendez-vous électoraux à venir. Bien sûr les mobilisations sociales sont essentielles. Sans elles, nous savons qu’un gouvernement de gauche ne sera pas en capacité d’imposer une véritable politique de transformation sociale et écologique. Mais à l’inverse, l’issue du mouvement social sur les retraites démontre qu’aucune transformation majeure dans ce pays ne se fera sans un débouché politique capable de rassembler une majorité de nos concitoyennes et concitoyens au suffrage universel.

Plus que jamais, nous sommes convaincus qu’unis nous pouvons changer plus efficacement et plus vite la donne. A leur manière, les sondages le reflètent. Ils attribuent déjà largement plus de 12% aux candidats de l’autre gauche. Soyons sûrs qu’une candidature commune s’imposerait vite et bien plus fortement dans l’opinion. Ce serait aussi une formidable motivation pour les luttes sociales, écologiques et citoyennes, certaines enfin de disposer d’un puissant relai politique.

Aujourd’hui le Front de Gauche n’est certes pas parfait mais il constitue une première étape de rassemblement inédite depuis 2008. C’est crucial. Son élargissement est évidemment nécessaire : avec d’autres forces de l’autre gauche et l’alliance du NPA, il serait toujours plus à même de rassembler plus largement que les partis qui le composent toutes celles et tous ceux qui entendent rompre pour de bon avec ce système.

Il serait encore plus une force capable de redonner l’espoir, de redonner confiance à celles et ceux qui aujourd’hui se réfugient dans l’abstention et d’entraîner ainsi toutes celles et ceux qui déplorent la division de l’autre gauche ou hésitent sur leur choix à gauche. C’est essentiel tant nous savons bien que rien ne sera possible sans une véritable implication populaire.


Nous pouvons lever les obstacles. En prenant le temps de les examiner concrètement, vous réaliserez comme nous qu’ils sont plus apparents que réels.

Récemment Olivier Besancenot, en réponse à la proposition de candidature de Jean-Luc. Mélenchon, a dit qu’il fallait d’abord répondre à la question « pour quoi faire ? ».

Nous répondons simplement : nous sommes candidats au pouvoir pour appliquer dans notre pays un programme de radicalité concrète en rupture avec le système capitaliste et les logiques productivistes. Il nous semble que nous pouvons nous entendre sur cette évidence, non ?


Elaborer ce programme de gouvernement représente-t-il un obstacle ?

Là encore, il est évident que non. Prenons les cinq axes que le Parti de Gauche soumet à la discussion. Nous voyons beaucoup de similitudes :

–          nous avons entendu Olivier Besancenot récemment sur une télévision en appeler à une assemblée constituante comme nous le faisons pour refonder une 6ème République parlementaire et sociale ;

–          nos arguments sont strictement identiques sur le partage des richesses ;

–          nous estimons indispensable de sortir du traité de Lisbonne pour construire une autre Europe ;

–          nous exigeons la sortie de l’Otan et de nos troupes d’Afghanistan ;

Peut-être convient-il de vérifier que nous sommes en accord sur la planification écologique mais nous doutons que les deux termes associés vous posent problème ou que vous n’êtes pas comme nous attachés à sortir du modèle productiviste par une écologie sociale et radicale.

Et nous savons bien, pour nous retrouver dans les mêmes luttes, signer souvent les mêmes textes, qu’en entrant davantage dans les détails, nous trouverions suffisamment de mesures à appliquer d’urgence au gouvernement comme celle de donner immédiatement des papiers à toutes celles et tous ceux qui vivent dans une clandestinité forcée dans notre pays.

D’ailleurs nous remarquons qu’en 2007 les collectifs unitaires antilibéraux qui rassemblaient déjà la plupart des courants qui ont créé depuis le NPA et le PG, ont été capables de s’entendre sur 125 propositions pour finalement présenter trois candidats différents à la présidentielle. Comme quoi le programme n’est ni un obstacle, ni un sésame automatique pour parvenir à des candidatures communes.


Manifestement ce qui fait encore question ce n’est ni « pourquoi » ni « quoi », mais « comment ». Autrement dit la stratégie.

Donc nous vous proposons d’avancer tout aussi concrètement sur cette question.

La création quasi parallèle des deux nouveaux partis que sont le NPA et le PG prouve que nous partageons déjà l’un comme l’autre la nécessité d’un nouveau parti de gauche, anticapitaliste et écologiste dans ce pays. Nous pensons pour notre part que cela ne se fera pas autour du PG mais qu’il devra rassembler toutes les diversités de l’autre gauche et intégrer absolument la prise en compte des enjeux écologiques, sociaux et démocratiques. Nous revendiquons juste d’essayer d’en être un vecteur efficace, raison pour laquelle nous continuerons sans relâche à nous adresser à vous en ce sens.

Nous constatons qu’aujourd’hui les conditions ne sont pas encore réunies pour rassembler toute l’autre gauche dans une seule et même force politique, ce que nous souhaitons. Cela n’empêche pas d’avancer à travers la stratégie du Front. C’est un pas important, qui a fait ses preuves, qui peut faire bien mieux encore mais qui réclame pour cela que chacun accepte la diversité de l’autre.

Tous les partis qui composent actuellement le Front de Gauche partagent une même conviction : qu’on ne compte pas sur nous pour appliquer une politique qui consisterait à faire payer la crise aux salariés et non au capital. Ensuite, nous savons que nous pouvons ne pas toujours avoir  la même appréciation sur les possibilités de participer aux exécutifs dès lors que nous ne sommes pas majoritaires au premier tour. Cela a été le cas  aux régionales puisque le PG a décidé que les conditions n’étaient pas réunies pour intégrer les exécutifs régionaux. Est-ce que cette différence nous empêche de nous présenter ensemble au premier tour des élections indépendamment du PS et d’Europe Ecologie ? Là encore nous disons non et vous proposons pour cela de reprendre les solutions qui ont fonctionné : les accords signés pour les régionales dans le Limousin précisaient qu’après le premier tour, chaque parti serait, sur cette question, libre de son choix. Cela a permis l’accord de « Limousin terre de Gauche » entre le Front de Gauche, les Alternatifs et le NPA. Cela autorise le même type d’alliance dans près de 20  départements pour les cantonales. Remarquons d’ailleurs que cette question apparemment cruciale lors de la négociation des accords de LTG est devenu secondaire quand, en raison de la dynamique de la campagne, du succès de la liste et de l’attitude du PS régional, toutes ses composantes ont décidé d’un même élan de ne pas participer aux exécutifs.

Si nous nous accordions sur cette solution, resterait alors à nous accorder sur le principe de candidatures communes aux présidentielles et législatives. Disons-le franchement, les premières réactions de vos responsables à l’annonce de la proposition de candidature de Jean-Luc Mélenchon nous ont paru inhabituellement et exagérément agressives et négatives.

Depuis, Olivier Besancenot a paru laisser la porte un peu plus ouverte à l’idée d’une candidature de rassemblement. Nous espérons que vous confirmerez vraiment cette volonté pour que nous puissions ouvrir les discussions. Mais soyons clairs entre nous : cette ouverture doit être une vraie ouverture et non un prétexte pour préparer un nouveau refus après celui des Européennes et des Régionales. Elle ne peut donc être assortie de l’exclusion par principe d’une candidature ou d’un type de candidature qui de facto reviendrait à éviter toute candidature de rassemblement sans le dire.


Voilà chères et chers camarades les questions que nous voulions vous poser en conclusion de notre adresse.

Nous disposons d’un calendrier et de propositions avec nos actuels partenaires du Front de Gauche, le PCF et Gauche Unitaire :

–          En mai, lors d’une grande réunion, nous aurons adopté les principales mesures de notre programme de gouvernement.

–          Nous sommes en faveur de l’élargissement du Front de Gauche aux forces de l’Autre Gauche (FASE, Alternative, nos autres partenaires des listes « Ensemble » aux Régionales…) et surtout son ouverture à toutes et tous à travers des assemblées citoyennes.

–          Au printemps, nous nous serons certainement tombés d’accord sur les candidatures communes aux présidentielles et  aux législatives.

–          Nous serons alors prêts pour mener campagne avec la ferme volonté de battre la droite et Nicolas Sarkozy et de mettre en échec  le Front National. Et ce sera aux autres forces de gauche, PS et Europe Ecologie, de devoir se positionner sur notre programme que nous aspirons à rendre majoritaire dans le pays.

–          Cette démarche peut être également la vôtre. Elle est un formidable espoir pour notre peuple. Nous espérons vous avoir donné ici les possibilités concrètes et l’envie pour la construire avec nous.

Dans l’attente de vos réponses, nous vous souhaitons un excellent congrès.

Le secrétariat national du Parti de Gauche

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